
Immigration au Québec en juillet 2026 : PEQ, PSTQ, regroupement familial et nouvelles règles
Le retour temporaire du PEQ a retenu toute l’attention, mais il ne constitue qu’une partie des changements annoncés. Sélection plus ciblée, plafonds en regroupement familial, nouvelles mesures pour certains travailleurs et objectifs fédéraux revus : voici ce qu’il faut comprendre de l’actualité de l’immigration en juillet 2026.
Immigration au Québec en juillet 2026 : des réouvertures, mais sous conditions

Le mois de juillet 2026 apporte plusieurs nouvelles importantes pour les travailleurs étrangers temporaires, les diplômés du Québec, les familles et les étudiants internationaux.
La réouverture du Programme de l’expérience québécoise, le PEQ, est certainement l’annonce la plus médiatisée. Toutefois, parler d’un simple « retour du PEQ » peut être trompeur. Le programme revient temporairement, avec une première période de réception réservée à des personnes qui remplissaient déjà certains critères le 19 novembre 2025.
Dans le même temps, Québec ajuste les invitations dans le Programme de sélection des travailleurs qualifiés, rouvre la réception des demandes d’engagement en regroupement familial et poursuit le renforcement du français auprès des étudiants non québécois.
Au fédéral, le gouvernement prépare également son Plan des niveaux d’immigration 2027-2029, avec l’objectif affiché de réduire la proportion de résidents temporaires et de mieux adapter l’immigration aux capacités d’accueil des différentes régions.
Derrière ces annonces se dessine une même tendance : les gouvernements ne ferment pas complètement les portes de l’immigration, mais cherchent désormais à mieux contrôler qui peut présenter une demande, à quel moment et dans quel programme.
Les renseignements présentés dans cet article sont à jour au 13 juillet 2026.
1. Le PEQ est de retour, mais pas pour tout le monde

Le gouvernement du Québec a réactivé le Programme de l’expérience québécoise pour une période de deux ans, du 2 juillet 2026 au 2 juillet 2028.
Cela ne signifie toutefois pas que le programme restera continuellement ouvert pendant ces deux années. La réception des demandes doit se faire par périodes. La première fenêtre est ouverte du 2 juillet au 31 octobre 2026.
Cette première période comporte une particularité déterminante : elle vise principalement des personnes qui avaient déjà atteint certains critères au moment de l’abolition du PEQ, le 19 novembre 2025.
Pour les diplômés du Québec
Pour que leur demande puisse être reçue pendant cette première période, les candidats doivent avoir obtenu, au plus tard le 19 novembre 2025, l’un des diplômes québécois admissibles suivants :
un baccalauréat;
une maîtrise ou un MBA;
un doctorat;
un DEC technique;
un DEP d’au moins 1 800 heures;
un DEP suivi d’une ASP formant un parcours continu d’au moins 1 800 heures.
Les attestations d’études collégiales, ou AEC, ne figurent pas parmi les diplômes admissibles au volet Diplômés du Québec. Le gouvernement précise qu’aucun autre type de diplôme que ceux qui sont expressément énumérés n’est admissible.
Le diplômé doit également être légalement présent au Québec lors du dépôt, avoir obtenu son diplôme dans les 36 mois précédents et avoir séjourné au Québec principalement pour étudier pendant au moins la moitié de son programme.
Le français demeure central : le demandeur principal doit notamment démontrer un niveau 7 à l’oral et un niveau 5 à l’écrit sur l’Échelle québécoise des niveaux de compétence en français. Le conjoint accompagnateur doit généralement démontrer un niveau 4 à l’oral.
Pour les travailleurs étrangers temporaires
Les travailleurs visés par la première période devaient avoir accumulé, en date du 19 novembre 2025, au moins deux années d’expérience de travail admissible au Québec dans une profession de catégorie FÉER 0, 1, 2 ou 3 de la Classification nationale des professions.
Au moment de présenter la demande, ils doivent également occuper un emploi admissible. L’expérience doit notamment avoir été acquise légalement, à temps plein — au moins 30 heures rémunérées par semaine — et pendant au moins 24 des 36 mois précédant la demande.
Une personne ayant atteint ses deux années d’expérience seulement après le 19 novembre 2025 ne devient donc pas automatiquement admissible à cette première période de réception.
Une période sans plafond, mais pas sans restrictions
Aucun nombre maximal de demandes n’a été fixé pour la période allant du 2 juillet au 31 octobre 2026. Toutes les demandes respectant les critères de réception peuvent donc être transmises avant la date limite.
L’absence de plafond ne signifie cependant pas que toutes les personnes diplômées ou ayant travaillé au Québec peuvent utiliser le programme. La date du 19 novembre 2025 constitue un véritable critère de présélection.
Le gouvernement prévient aussi que l’ancien engagement de traiter les demandes du PEQ dans un délai de six mois n’est pas reconduit. Un nombre élevé de demandes pourrait entraîner des délais plus longs. Pendant toute cette période, les candidats demeurent responsables du maintien de leur statut temporaire au Canada.
2. Le PSTQ demeure la voie principale à long terme

La réactivation du PEQ ne remplace pas le Programme de sélection des travailleurs qualifiés.
Le gouvernement présente plutôt le PEQ comme une mesure temporaire destinée à répondre à la situation de certaines personnes déjà établies au Québec. À terme, le PSTQ doit redevenir la principale voie québécoise de sélection permanente des travailleurs qualifiés.
Le 4 juin 2026, Québec avait envoyé 2 549 invitations dans le PSTQ. Parmi celles-ci, 1 261 concernaient des personnes exerçant une profession associée à un secteur prioritaire. Des professions du secteur touristique avaient alors été ajoutées aux priorités gouvernementales.
Une ronde beaucoup plus restreinte a ensuite eu lieu le 3 juillet. Les données publiées pour les quatre volets indiquent :
74 invitations dans le volet de la haute qualification et des compétences spécialisées;
289 dans celui des compétences intermédiaires et manuelles;
131 dans le volet des professions réglementées;
7 dans celui des talents d’exception.
Cela représente 501 invitations au total.
Cette diminution ne signifie pas nécessairement que le PSTQ est suspendu. Elle correspond à la stratégie annoncée par Québec : réduire temporairement les invitations pendant la première période du PEQ, puis les ajuster en fonction du nombre de demandes reçues dans les deux programmes.
Peut-on avoir une demande au PEQ et au PSTQ?
Une personne invitée dans le PSTQ peut également présenter une demande dans le PEQ si elle en respecte les conditions.
Les deux demandes seront toutefois traitées séparément et en parallèle. Les frais devront être payés pour chacune d’elles et le gouvernement ne promet pas qu’un programme sera traité plus rapidement que l’autre.
Avant de déposer deux demandes, il est donc important de comparer les conditions, les coûts, la solidité des preuves disponibles et la capacité de conserver un statut temporaire valide durant le traitement.
3. Un permis de travail spécial pour certains candidats du PSTQ

Le gouvernement fédéral a mis en place une mesure temporaire pour certains travailleurs étrangers qui ont été invités dans le PSTQ, ont présenté leur demande de sélection permanente et risquent de voir leur permis expirer avant l’obtention de leur CSQ.
Le travailleur admissible peut demander un nouveau permis de travail lié à un employeur précis pour une période pouvant atteindre 12 mois. L’employeur n’a pas à obtenir une nouvelle Étude d’impact sur le marché du travail, et le travailleur n’a pas à joindre une nouvelle EIMT ni un nouveau CAQ à sa demande.
La mesure vise notamment les personnes dont le permis lié à un employeur expire au plus tard le 31 décembre 2026. Le travailleur doit continuer à travailler au Québec et disposer d’une nouvelle offre de l’employeur indiqué sur son permis.
Depuis le 5 juin 2026, l’époux ou le conjoint de fait du demandeur principal peut également être admissible à un permis de travail ouvert, à condition notamment de figurer comme membre de la famille accompagnatrice dans la demande de sélection permanente.
Attention à la portée de la mesure
Cette politique fédérale concerne les personnes invitées dans le PSTQ qui ont présenté leur demande de sélection permanente et qui satisfont aux critères concernant leur permis lié à un employeur.
Les personnes ayant uniquement présenté une demande au PEQ ou détenant un permis de travail ouvert ne devraient pas présumer qu’elles sont automatiquement couvertes. Elles doivent vérifier les conditions correspondant précisément à leur situation et planifier le renouvellement ou le changement de leur statut suffisamment tôt.
La date limite actuellement publiée pour présenter une demande dans le cadre de cette mesure est le 31 décembre 2026.
4. Le regroupement familial rouvre avec un plafond de 15 700 demandes

Depuis le 2 juillet 2026, Québec reçoit de nouveau certaines demandes d’engagement en regroupement familial.
Le gouvernement a fixé un maximum de 15 700 demandes pour la période allant du 2 juillet 2026 au 30 juin 2028 :
13 300 demandes pour parrainer un époux, un conjoint de fait ou un partenaire conjugal;
2 400 demandes pour parrainer un père, une mère, un grand-père, une grand-mère ou certains autres membres admissibles de la parenté.
Si le plafond d’une catégorie est atteint avant le 30 juin 2028, Québec cessera de recevoir les demandes de cette catégorie jusqu’à l’ouverture d’une nouvelle période.
Il ne suffit pas d’envoyer sa demande rapidement
La réception des dossiers suit un calendrier fondé sur la date de la lettre d’admissibilité ou, dans certaines demandes de parrainage au Canada, de l’accusé de réception délivré par IRCC.
Par exemple, depuis le 2 juillet 2026, les demandes peuvent être transmises lorsque le document fédéral pertinent est daté au plus tard du 31 juillet 2024. Une nouvelle tranche commencera le 1er septembre 2026 pour les documents datés au plus tard du 31 janvier 2025.
Une demande envoyée avant la date prévue par le calendrier sera jugée irrecevable et retournée. Les demandes doivent par ailleurs être transmises par la poste, avec une seule demande par enveloppe.
Certaines demandes visant notamment un enfant à charge, un enfant mineur à adopter ou certains enfants mineurs orphelins demeurent exemptées du plafond et du calendrier.
La réouverture du regroupement familial est donc une nouvelle positive, mais elle ne crée pas un accès immédiat pour toutes les familles. La date du document fédéral devient ici aussi déterminante que la date d’envoi.
5. Le français prend encore plus de place dans le parcours des étudiants

Le gouvernement du Québec a conclu des ententes de huit ans avec les universités Bishop’s, Concordia et McGill afin de renforcer l’apprentissage du français chez leurs étudiants non québécois.
Un financement pouvant atteindre 20 millions de dollars par année sera mis à la disposition des trois universités.
L’objectif est que 60 % des étudiants non québécois inscrits au premier cycle dans un programme offert en présentiel atteignent le niveau 4 de français oral au moment de leur diplomation. La cible s’appliquera aux cohortes admises à compter de l’automne 2026.
Le niveau 4 correspond encore au stade débutant de l’Échelle québécoise, mais il doit permettre une communication fonctionnelle dans des situations de la vie quotidienne.
Cette mesure ne constitue pas directement une nouvelle condition d’immigration. Elle confirme néanmoins une tendance déjà visible dans le PEQ et le PSTQ : la connaissance du français devient de plus en plus importante non seulement pour être sélectionné, mais aussi pour étudier, travailler et s’intégrer durablement au Québec.
Pour un étudiant international, apprendre le français ne devrait donc plus être considéré uniquement comme une formalité administrative. Il s’agit aussi d’un investissement dans l’employabilité, la mobilité professionnelle et les possibilités d’établissement à long terme.
6. Ottawa prépare une immigration moins élevée et plus régionalisée

Les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux ont commencé les discussions entourant le Plan des niveaux d’immigration 2027-2029.
Le gouvernement fédéral maintient son intention de stabiliser les admissions de résidents permanents sous le seuil de 1 % de la population totale après 2027 et de réduire la proportion de résidents temporaires à moins de 5 % de la population d’ici la fin de 2027.
Les discussions portent également sur :
les besoins particuliers des régions;
les pénuries de main-d’œuvre;
la transition des travailleurs et étudiants déjà présents au Canada vers la résidence permanente;
la reconnaissance des diplômes et compétences obtenus à l’étranger;
l’adaptation des permis de travail postdiplôme aux besoins régionaux;
l’immigration francophone hors Québec.
Le Québec participe à ces rencontres à titre d’observateur et conserve ses compétences particulières en matière de sélection des immigrants, de niveaux d’immigration, de francisation et d’intégration.
La direction générale est néanmoins comparable à celle observée au Québec : privilégier davantage les personnes déjà intégrées, les compétences recherchées, les besoins régionaux et les transitions ciblées du statut temporaire vers la résidence permanente.
7. Le système d’asile doit également être réformé

Ottawa a publié un projet de règlement visant à moderniser le traitement des demandes d’asile. Une consultation publique de 30 jours a été lancée, et l’entrée en vigueur des nouvelles règles est prévue plus tard en 2026.
Le projet prévoit notamment des échéanciers plus clairs, des règles concernant les demandes retirées ou rétablies, un soutien accru aux demandeurs vulnérables et un accès potentiellement plus rapide au permis de travail pour certaines personnes admissibles.
Selon les données fédérales, le nombre de personnes ayant présenté une demande d’asile entre janvier et avril 2026 était inférieur de 42 % à celui de la même période en 2025 et de 63 % à celui de 2024.
Il faudra cependant attendre le règlement définitif pour connaître l’ensemble des délais, des exceptions et des conséquences pratiques pour les demandeurs.
Ce que toutes ces annonces changent pour votre projet

Les nouvelles de juillet 2026 montrent qu’il ne suffit plus de connaître le nom d’un programme d’immigration. Il faut en comprendre les dates de référence, les périodes de réception, les catégories professionnelles et les règles propres à son statut.
Vérifiez la date exacte à laquelle vous avez atteint les critères
Dans le PEQ, avoir aujourd’hui deux années d’expérience ne suffit pas nécessairement. Pour la première période de réception, ces deux années devaient déjà être acquises le 19 novembre 2025.
Dans le regroupement familial, la date de la lettre ou de l’accusé de réception d’IRCC détermine le moment où la demande québécoise peut être envoyée.
Identifiez correctement votre profession
La catégorie FÉER, le code de la Classification nationale des professions et les tâches réellement accomplies peuvent influencer l’admissibilité au PEQ, le volet applicable dans le PSTQ et les possibilités d’invitation.
Le titre inscrit sur un contrat ou une fiche de paie ne suffit pas toujours. Les fonctions réellement exercées doivent correspondre à la profession déclarée.
Protégez votre statut temporaire
Une demande de résidence permanente ou de CSQ ne prolonge pas automatiquement un permis d’études ou de travail.
Vous devez vérifier plusieurs mois avant l’expiration de votre permis quelles solutions sont réellement disponibles : prolongation auprès du même employeur, nouveau permis, statut conservé, mesure temporaire ou changement de statut.
Ne déposez pas uniquement parce qu’un programme est « ouvert »
Une demande transmise trop rapidement, avec le mauvais formulaire, avant la date autorisée ou sans respecter un critère de réception peut être retournée ou jugée irrecevable.
Avant tout dépôt, reconstruisez votre chronologie : études, diplômes, emplois, permis, périodes de présence au Québec, résultats de français et documents remis par les gouvernements.
Une immigration toujours ouverte, mais de plus en plus sélective

Le mois de juillet 2026 ne marque ni une fermeture complète ni un retour à l’ancien système.
Le PEQ revient, mais temporairement et d’abord pour une cohorte précise. Le PSTQ continue, avec des invitations davantage ajustées aux priorités gouvernementales. Le regroupement familial reprend, mais avec des plafonds et un calendrier. Le fédéral facilite le maintien de certains travailleurs, tout en cherchant à réduire globalement la population temporaire.
Pour les candidats, la principale leçon est claire : les détails administratifs et chronologiques ont désormais autant d’importance que le projet d’immigration lui-même.
Une date mal comprise, un code CNP incorrect, un statut qui expire ou une demande envoyée trop tôt peuvent modifier complètement l’issue d’un parcours.
Avant de prendre une décision, consultez toujours les pages officielles correspondant à votre programme et, lorsque votre situation est complexe, obtenez un avis professionnel adapté à votre dossier.
Cet article présente de l’information générale et ne constitue pas un avis juridique ou une garantie d’admissibilité, de sélection ou d’acceptation.
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