
Immigration au Québec en octobre 2026 : victoire du Parti québécois, avenir du PEQ, PSTQ et nouvelles règles
La victoire du Parti québécois aux élections du 5 octobre 2026 pourrait modifier profondément les orientations de l'immigration au Québec. Alors que le PEQ approche de la fin de sa première période de réception, que le PSTQ continue de sélectionner des candidats et que les arrivées d'étudiants internationaux diminuent fortement, de nouvelles incertitudes apparaissent pour les travailleurs étrangers, les étudiants et leurs familles. Voici les changements confirmés, les propositions à surveiller et leurs conséquences concrètes.
Article mis à jour le 8 octobre 2026.
Depuis plusieurs mois, le système d'immigration québécois traverse une transformation importante.
En juillet, la réouverture temporaire du Programme de l'expérience québécoise (PEQ) avait redonné des perspectives à certains diplômés et travailleurs étrangers. En août et septembre, les chiffres du Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ) et la diminution des arrivées de résidents temporaires confirmaient une sélection de plus en plus ciblée.
Mais octobre marque potentiellement un tournant supplémentaire.
La victoire du Parti québécois (PQ), dirigé par Paul St-Pierre Plamondon, lors des élections provinciales du 5 octobre, place l'immigration au cœur des prochaines décisions politiques.

Le parti souhaite réduire considérablement le nombre de résidents temporaires, diminuer les admissions permanentes et favoriser davantage les personnes déjà établies au Québec.
Pendant ce temps, plusieurs changements sont déjà bien réels : une nouvelle ronde d'invitations au PSTQ, l'expiration d'une politique fédérale concernant certains parrainages familiaux, un assouplissement pour la formation des travailleurs étrangers et une baisse importante des inscriptions universitaires internationales.
Il faut toutefois éviter de tout mélanger.
Une promesse électorale n'est pas une loi, une invitation au PSTQ n'est pas une résidence permanente et une diminution des nouvelles arrivées ne signifie pas nécessairement que les personnes déjà présentes quittent le Québec.
C'est à partir de ces distinctions que nous pouvons comprendre ce qui se passe réellement.
1. Un nouveau gouvernement québécois pourrait changer la trajectoire de l'immigration
Le 5 octobre 2026, le Parti québécois a remporté les élections provinciales, obtenant 59 des 127 sièges de l'Assemblée nationale.
Cette victoire lui permet d'envisager la formation d'un gouvernement minoritaire. Il devra donc composer avec les autres partis pour faire adopter certaines de ses mesures.
En matière d'immigration, les engagements du PQ sont importants.
Réduire presque de moitié le nombre de résidents non permanents
Le parti souhaite ramener le nombre de résidents non permanents au Québec à environ 250 000 à 300 000 personnes au terme d'un mandat de quatre ans.
Cette population comprend notamment les titulaires de permis de travail, les titulaires de permis d'études et les demandeurs d'asile, selon la définition statistique utilisée.
Pour atteindre cet objectif, le PQ envisage une combinaison de mesures : limiter certaines nouvelles admissions, réduire les volumes de travailleurs temporaires et d'étudiants internationaux et favoriser la transition de personnes déjà présentes vers la résidence permanente.
Cela ne signifie pas que tous les titulaires de permis temporaires seraient automatiquement obligés de quitter le Québec.
L'évolution du nombre de résidents temporaires dépend également des renouvellements, des changements de statut, des départs volontaires et des admissions à la résidence permanente.
Une immigration permanente limitée à environ 35 000 personnes par an
Autre engagement important : fixer les admissions permanentes à environ 35 000 personnes par année.
Pour mesurer l'ampleur de cette orientation, rappelons que le Plan d'immigration du Québec 2026 du gouvernement sortant visait environ 45 000 admissions permanentes annuelles.
Le projet du PQ représenterait donc une réduction d'environ 22 % par rapport à cet objectif.
Le parti propose également un moratoire temporaire sur le recrutement de travailleurs qualifiés à l'étranger pour la résidence permanente, afin de privilégier les personnes déjà installées au Québec.
Une nuance importante s'impose : la priorité aux personnes présentes au Québec figurait déjà dans la planification 2026-2029 du gouvernement précédent. Le changement proposé concerne donc notamment l'ampleur des réductions et la manière d'organiser les admissions.
Des objectifs plus restrictifs pour les travailleurs et les étudiants
Le PQ souhaite aussi ramener à environ 40 000 le nombre de travailleurs relevant du Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) et viser environ 50 000 étudiants internationaux.
Le parti prévoit des exceptions pour certains secteurs, notamment ceux où les besoins en main-d'œuvre demeurent importants.
Il envisage également de remplacer les permis de travail liés à un employeur unique par des permis sectoriels et régionaux.
Une telle modification nécessiterait toutefois une collaboration avec Ottawa, puisque les permis de travail sont délivrés par le gouvernement fédéral.
Ce que cela signifie pour les candidats
À court terme, le résultat électoral ne modifie pas automatiquement les conditions des programmes d'immigration.
Un candidat admissible au PEQ ou une personne ayant une déclaration d'intérêt dans Arrima doit continuer à se référer aux règles actuellement publiées par le MIFI.
En revanche, les futurs plans d'immigration, décisions ministérielles et modifications réglementaires pourraient changer les perspectives à moyen terme.

ENCADRÉ 1 — Les chiffres du changement politique
59 sièges sur 127 : le Parti québécois remporte les élections, sans majorité parlementaire.
35 000 admissions permanentes par an : objectif annoncé par le PQ, contre environ 45 000 dans la planification québécoise applicable en 2026.
250 000 à 300 000 résidents non permanents : population ciblée au terme d'un mandat de quatre ans.
Attention : ces objectifs correspondent à des propositions politiques, pas à de nouveaux seuils déjà entrés en vigueur.
Sources : Programme du Parti québécois et Plan d'immigration du Québec 2026.
2. PEQ : une échéance décisive approche le 31 octobre 2026
Au-delà du changement politique, une échéance est beaucoup plus immédiate pour certains candidats.
La première fenêtre de réception des demandes du Programme de l'expérience québécoise prendra fin le 31 octobre 2026, selon les règles actuellement publiées.
Le PEQ a été réactivé pour une période de deux ans, du 2 juillet 2026 au 2 juillet 2028. Mais cette durée ne correspond pas à une ouverture continue des demandes.
Qui peut encore déposer une demande ?
Pour cette première période, le MIFI a retenu une date de référence particulièrement importante : le 19 novembre 2025.
Dans le volet Diplômés du Québec, le candidat doit notamment avoir obtenu, au plus tard à cette date, un diplôme québécois admissible, tel qu'un baccalauréat, une maîtrise, un doctorat, un DEC technique ou un DEP admissible d'au moins 1 800 heures, seul ou combiné à une ASP selon les conditions du programme.
Dans le volet Travailleurs étrangers temporaires, il faut notamment avoir accumulé au Québec au moins deux années d'expérience admissible dans une profession de catégorie FEER 0, 1, 2 ou 3 au plus tard le 19 novembre 2025.
Ces critères de réception s'ajoutent aux autres conditions de sélection : maîtrise du français, expérience ou formation admissible, situation au Québec et documents exigés.
Trois exemples pour comprendre
Premier exemple : un diplômé d'un DEC technique en juin 2025.
S'il satisfait aux autres exigences du PEQ, sa date d'obtention du diplôme pourrait lui permettre de présenter une demande pendant la fenêtre actuelle.
Deuxième exemple : un travailleur ayant atteint deux années d'expérience seulement en mars 2026.
Même s'il possède désormais suffisamment d'expérience, il ne satisfait pas au critère de réception fixé au 19 novembre 2025 pour cette première période.
Il devra examiner les autres voies disponibles ou attendre une éventuelle nouvelle période dont les modalités n'ont pas encore été confirmées.
Troisième exemple : une personne titulaire d'un diplôme admissible, mais sans preuve suffisante de français.
Le diplôme ne suffit pas à lui seul. Le candidat doit satisfaire à l'ensemble des exigences applicables pour obtenir sa sélection.
Et après le 31 octobre ?
Le gouvernement sortant avait prévu la possibilité d'autres périodes de réception d'ici juillet 2028.
Mais le calendrier et les conditions de ces éventuelles périodes ne sont pas garantis.
L'arrivée d'une nouvelle administration politique ajoute une incertitude supplémentaire, sans modifier à elle seule les dispositions actuellement en vigueur.

ENCADRÉ 2 — PEQ : la date à retenir
31 octobre 2026
Fin prévue de la première période de réception des demandes du PEQ.
19 novembre 2025
Date de référence pour le diplôme ou l'expérience de travail exigés pendant cette première période.
2 juillet 2028
Fin prévue de la période de réactivation du programme, sans garantie de réception continue des demandes.
Une personne admissible devrait vérifier immédiatement ses conditions et la procédure de dépôt, sans attendre une hypothétique prolongation.
Source : MIFI — Programme de l'expérience québécoise.
3. PSTQ : 519 nouvelles invitations, mais une sélection toujours très ciblée
Le Programme de sélection des travailleurs qualifiés demeure un mécanisme central de l'immigration économique au Québec.
Une nouvelle ronde d'invitations a eu lieu le 24 septembre 2026.
Au total, 519 personnes ont été invitées à présenter une demande de sélection permanente dans les quatre volets du programme.
La répartition est révélatrice :
Volet 1 — Haute qualification et compétences spécialisées : 86 invitations.
Volet 2 — Compétences intermédiaires et manuelles : 316 invitations.
Volet 3 — Professions réglementées : 110 invitations.
Volet 4 — Talents d'exception : 7 invitations.
Le volet 2 représente ainsi près de 61 % des invitations.
Les métiers intermédiaires et manuels restent recherchés
Cette répartition rappelle une réalité importante : l'immigration économique ne concerne pas uniquement les diplômés universitaires ou les professions très spécialisées.
Lors de cette ronde, des exercices ont notamment ciblé des professions dans la santé, les services sociaux, l'éducation, la restauration, la construction, le transport et la fabrication.
Dans plusieurs exercices, l'expérience acquise au Québec et la présence sur le territoire jouaient un rôle important.
Les exigences précises différaient toutefois selon les exercices d'invitation.
Les professions réglementées conservent une place importante
Le volet 3 a permis d'inviter 110 personnes.
Des professions associées à la santé, à l'éducation, au génie et à certains métiers de la construction figuraient parmi les profils ciblés.
Dans un exercice consacré notamment à la santé et à l'éducation, le pointage minimal publié était de 631 points.
Ce chiffre ne doit pas être interprété comme un seuil général d'admissibilité au PSTQ : les seuils et critères dépendent du volet et de l'exercice.
Pourquoi le rythme reste-t-il limité ?
Dans notre article de septembre, nous expliquions déjà que le retour du PEQ avait changé la dynamique du PSTQ.
Le gouvernement sortant avait explicitement prévu de réduire temporairement les invitations au PSTQ pendant la réception des demandes au PEQ, afin de tenir compte des objectifs d'immigration.
Les 519 invitations de septembre confirment un niveau proche de celui observé en juillet et août, très inférieur aux 2 549 invitations de la ronde de juin.
Cela ne permet cependant pas de prédire le nombre de sélections à venir.
Pour les candidats, la priorité est de vérifier la concordance entre leur profession, leur expérience réelle et les critères de sélection publiés. Une déclaration d'intérêt dans Arrima ne constitue pas une garantie d'invitation.

ENCADRÉ 3 — PSTQ : la ronde du 24 septembre
519 invitations au total
316 invitations dans le volet 2, soit environ 61 % de la ronde.
Les domaines ciblés comprennent notamment des métiers manuels et intermédiaires, ainsi que certaines professions réglementées.
Le nombre d'invitations ne correspond ni au nombre de CSQ délivrés ni au nombre de nouvelles résidences permanentes accordées.
Source : MIFI — Invitations du PSTQ en 2026.
4. Résidents temporaires : les nouvelles statistiques changent le portrait du Québec
L'un des éléments les plus intéressants des dernières données concerne le nombre de résidents non permanents déjà présents au Québec.
Pendant plusieurs mois, les estimations semblaient montrer une diminution relativement importante de cette population.
Or, une révision statistique publiée en septembre a modifié le portrait.
Selon les données rapportées à partir de Statistique Canada, le nombre de résidents non permanents aurait diminué d'environ 12 800 personnes entre janvier 2025 et janvier 2026, contre une baisse de 51 400 dans les estimations antérieures.
Pourquoi une différence aussi importante ?
Une meilleure prise en compte des personnes qui demeurent légalement au Canada
La méthode de calcul tient désormais mieux compte de certaines situations administratives.
Prenons l'exemple d'un travailleur dont le permis arrive à expiration, mais qui a présenté à temps une demande de prolongation et bénéficie d'un statut conservé.
L'expiration de son document initial ne signifie pas nécessairement qu'il a quitté le Canada.
L'amélioration des méthodes statistiques permet de mieux représenter ces situations, notamment grâce à des données administratives et frontalières.
Une population qui se stabilise plutôt qu'elle ne disparaît
Les estimations rapportées pour le Québec indiquent :
environ 557 400 résidents non permanents en octobre 2025;
535 800 en janvier 2026;
527 200 en avril 2026;
531 800 en juillet 2026.
La remontée entre avril et juillet montre que la diminution n'est pas linéaire.
Elle souligne aussi une distinction fondamentale : limiter les nouvelles arrivées ne provoque pas immédiatement une baisse équivalente du nombre de personnes présentes sur le territoire.
Les résidents temporaires peuvent rester plusieurs années, prolonger leur statut lorsqu'ils sont admissibles ou accéder à la résidence permanente.

ENCADRÉ 4 — Les résidents temporaires au Québec
Environ 531 800 personnes au 1er juillet 2026, selon les estimations rapportées à partir des données de Statistique Canada.
La baisse estimée de janvier 2025 à janvier 2026 a été fortement révisée.
Une diminution des permis nouvellement délivrés ne doit pas être confondue avec une diminution équivalente de la population déjà établie.
Source : Statistique Canada — Tableau de bord des résidents non permanents.
5. Étudiants étrangers : les universités québécoises commencent à mesurer les conséquences
La réduction des arrivées d'étudiants internationaux produit désormais des effets visibles dans l'enseignement supérieur.
Selon les données préliminaires du Bureau de coopération interuniversitaire (BCI), 44 628 étudiants internationaux sont inscrits dans les universités québécoises à l'automne 2026.
Cela représente une diminution de 11,7 % par rapport à l'automne 2025.
Le recul atteint même 23,9 % au deuxième cycle universitaire, alors qu'il est de 9 % au premier cycle.
La proportion d'étudiants internationaux dans l'ensemble des inscriptions universitaires est passée de 18 % en 2024 à 13,7 % en 2026.
Des conséquences financières, mais aussi universitaires
Pour les établissements, la diminution des inscriptions peut entraîner une baisse des revenus provenant des droits de scolarité.
Elle peut aussi fragiliser certains programmes et compliquer le recrutement d'étudiants aux cycles supérieurs.
Ce dernier aspect mérite une attention particulière.
Dans plusieurs domaines de recherche, les étudiants internationaux participent directement aux projets scientifiques, aux laboratoires et à la formation d'une relève spécialisée.
Une diminution prolongée de cette population pourrait donc produire des conséquences au-delà des finances universitaires.
Cela ne signifie pas que tous les établissements sont touchés dans les mêmes proportions ni que les mêmes programmes sont menacés partout.
Une chute encore plus spectaculaire des nouvelles arrivées au Canada
Les données fédérales montrent qu'entre janvier et juillet 2026, 28 200 nouveaux étudiants étrangers sont arrivés au Canada, contre 113 360 travailleurs temporaires.
En combinant ces deux catégories, les arrivées ont diminué de 66 % par rapport à la même période en 2024.
Attention toutefois : les arrivées comptabilisées par IRCC ne correspondent pas au nombre total de personnes déjà titulaires d'un permis et présentes au Canada.
Les 44 628 étudiants internationaux recensés dans les universités québécoises représentent, quant à eux, une population inscrite à un trimestre donné.
Ces indicateurs mesurent des réalités différentes.

ENCADRÉ 5 — La baisse des étudiants internationaux
44 628 étudiants internationaux inscrits dans les universités québécoises à l'automne 2026.
−11,7 % par rapport à l'automne 2025.
−23,9 % au deuxième cycle universitaire.
Les données sont préliminaires et ne doivent pas être confondues avec les nouvelles arrivées de titulaires de permis d'études.
Sources : Bureau de coopération interuniversitaire — Automne 2026 et IRCC — Étudiants et travailleurs temporaires.
6. Travailleurs étrangers : une nouvelle possibilité de formation sans permis d'études
Toutes les nouvelles mesures ne sont pas restrictives.
Le gouvernement fédéral a également introduit une politique d'intérêt public visant à faciliter l'accès à certaines formations pour les titulaires d'un permis de travail valide.
Cette mesure, entrée en vigueur en septembre 2026, permet à des travailleurs étrangers admissibles de suivre des cours ou programmes d'études d'une durée maximale de six mois sans devoir obtenir un permis d'études.
Qu'est-ce qui change réellement ?
Auparavant, les règles permettaient déjà de suivre certains programmes courts sans permis d'études.
Mais le programme devait normalement pouvoir être terminé pendant la période de séjour autorisée lors de l'entrée au Canada.
La nouvelle mesure dispense les titulaires d'un permis de travail valide de cette condition particulière.
Cela peut faciliter l'accès à une formation complémentaire, notamment pour des personnes qui souhaitent améliorer leurs compétences professionnelles.
Prenons l'exemple d'un travailleur étranger souhaitant suivre une formation courte liée à l'utilisation d'un équipement spécialisé ou à certaines techniques professionnelles.
Si la formation respecte les conditions applicables, il pourrait bénéficier de cette dispense.
Il faut néanmoins distinguer trois choses : l'autorisation d'étudier, l'autorisation de travailler et la reconnaissance professionnelle.
La dispense d'études ne donne pas automatiquement le droit d'exercer une profession réglementée.
Elle ne prolonge pas non plus automatiquement un permis de travail expiré.
La politique actuelle prévoit que la dispense cesse notamment à l'expiration du permis de travail concerné ou à celle de la politique elle-même, selon la première éventualité.
Jusqu'à quand ?
Cette politique doit expirer le 31 décembre 2027, sauf révocation anticipée.
Elle constitue une possibilité supplémentaire pour certaines personnes déjà présentes au Canada, mais pas une nouvelle voie générale permettant d'immigrer pour étudier.
Source : IRCC — Politique d'intérêt public sur les études sans permis.
7. Regroupement familial : une dispense particulière a pris fin le 10 septembre
Autre changement important, mais moins visible : une politique d'intérêt public fédérale concernant certains membres de la famille non déclarés a expiré le 10 septembre 2026.
Pour comprendre son importance, rappelons une règle fondamentale de l'immigration canadienne.
Lorsqu'une personne présente une demande de résidence permanente, elle doit déclarer les membres de sa famille visés par les règles applicables, même lorsqu'ils ne prévoient pas de l'accompagner au Canada.
Dans la plupart des cas, ces personnes doivent aussi faire l'objet des contrôles requis.
Historiquement, certaines personnes qui n'avaient pas été déclarées ou examinées pouvaient ensuite être exclues du regroupement familial.
À partir de 2019, une politique d'intérêt public avait introduit une dispense pour certaines catégories particulières de résidents permanents et de membres de leur famille.
Cette mesure a été prolongée à plusieurs reprises.
Elle a toutefois pris fin en septembre 2026.
Quelles conséquences ?
Les demandes admissibles reçues au plus tard le 10 septembre 2026 continueront d'être examinées selon la politique expirée.
En revanche, cette dispense n'est plus accessible aux nouvelles demandes.
Cela ne signifie pas que le regroupement familial a été supprimé.
La fin de la mesure concerne une situation juridique particulière : celle de membres de la famille non déclarés ou non contrôlés dans certaines demandes antérieures.
Pour une famille concernée, les conséquences peuvent être importantes et nécessiter une évaluation professionnelle individualisée.
Le conseil essentiel : déclarer tous les membres de sa famille dans une demande d'immigration, même lorsqu'ils ne prévoient pas d'accompagner immédiatement le demandeur principal.
Source : IRCC — Politique d'intérêt public désormais expirée.
8. Demandes d'asile : forte diminution des nouvelles demandes et nouveaux délais au Québec
Les nouvelles données fédérales confirment également une forte diminution des demandes d'asile.
Selon les chiffres diffusés pour les sept premiers mois de 2026, le nombre de demandes présentées au Canada aurait baissé d'environ 69 % par rapport à la même période en 2024.
En juillet 2026, environ 4 050 demandes d'asile ont été déposées au Canada, contre 14 385 en juillet 2024.
Au Québec, les demandes présentées pendant le mois sont passées d'environ 4 655 à 1 050 sur la même période.
Les modifications apportées aux politiques de visas, aux contrôles frontaliers et à certaines règles de recevabilité font partie des facteurs susceptibles d'expliquer cette évolution.
Il ne faut toutefois pas conclure que toutes les personnes ayant besoin de protection ont cessé d'en avoir besoin.
Les statistiques mesurent des demandes déposées, non l'ensemble des situations de vulnérabilité.
Des délais de CSQ plus longs pour certaines personnes protégées
Le MIFI affiche désormais un délai indicatif de 25 à 60 jours pour les demandes de sélection permanente de personnes reconnues réfugiées ou à protéger au Canada.
Ce délai concerne l'étape québécoise du Certificat de sélection du Québec (CSQ).
Il ne doit pas être confondu avec le délai total d'obtention de la résidence permanente auprès d'IRCC.
Le ministère explique faire face à un volume exceptionnel de demandes dans cette catégorie.
Source : MIFI — Personnes reconnues réfugiées ou à protéger au Canada.
Des restrictions temporaires touchant certains pays d'Afrique
Un autre avis fédéral mérite l'attention des candidats concernés.
Le 28 septembre 2026, IRCC a prolongé jusqu'au 27 novembre certaines mesures frontalières temporaires liées à l'éclosion d'Ebola en République démocratique du Congo et aux risques régionaux.
Ces restrictions concernent notamment les personnes dont le dernier pays de résidence au moment de leur demande était la République démocratique du Congo, l'Ouganda ou le Soudan du Sud.
L'avis prévoit des restrictions de déplacement vers le Canada même pour certaines personnes disposant déjà d'un document de voyage ou d'immigration approuvé.
IRCC indique que l'examen des demandes concernées peut se poursuivre, mais que leur finalisation demeure suspendue pendant l'application des mesures.
Il s'agit d'une mesure liée au pays de résidence antérieur et à la situation sanitaire, et non d'une interdiction générale fondée uniquement sur la nationalité.
Les personnes concernées devraient consulter directement les avis d'IRCC avant d'organiser un déplacement.
Source : IRCC — Mesures frontalières temporaires liées à Ebola.
9. Ottawa pourrait-il assouplir sa politique d'immigration ?
Pendant que le Québec s'oriente vers un nouveau gouvernement souhaitant réduire davantage les niveaux d'immigration, le discours du gouvernement fédéral évolue.
Le premier ministre Mark Carney a récemment évoqué la possibilité d'une future augmentation contrôlée des niveaux d'immigration.
Il ne s'agit toutefois pas, à ce stade, de l'annonce d'une nouvelle hausse chiffrée ou d'un calendrier officiel.
Le Plan fédéral des niveaux d'immigration 2027-2029, attendu cet automne, devrait permettre de mieux comprendre les intentions d'Ottawa.
Cette évolution pourrait créer un contraste entre les orientations des deux gouvernements.
Le Québec possède des compétences importantes en matière de sélection économique et d'intégration des immigrants.
Ottawa demeure responsable de la délivrance des permis de travail et d'études, de l'admission au Canada et de l'octroi de la résidence permanente.
Cela explique pourquoi certaines propositions québécoises exigeraient une coordination avec le fédéral.
Le français demeure également une priorité ailleurs au Canada
Le gouvernement fédéral poursuit parallèlement ses investissements dans l'immigration francophone hors Québec.
Fin septembre, il a annoncé près de 1,2 million de dollars destinés à soutenir des initiatives à Terre-Neuve-et-Labrador, en Saskatchewan et dans le nord de l'Ontario.
Ces projets visent notamment à favoriser le recrutement et l'intégration de travailleurs francophones et bilingues.
Pour les candidats francophones dont le projet ne dépend pas exclusivement d'une installation au Québec, cela rappelle que d'autres provinces peuvent également offrir des perspectives professionnelles et migratoires.
L'admissibilité dépend toutefois du programme choisi et de l'intention réelle de s'établir dans la province concernée.
10. Quelles démarches privilégier maintenant selon votre situation ?
Face à ces annonces, il serait tentant d'attendre que toutes les nouvelles orientations soient clarifiées.
Mais cette stratégie n'est pas nécessairement la meilleure.
Certaines démarches restent possibles aujourd'hui, alors que d'autres seront probablement modifiées dans les prochains mois.
Vous êtes diplômé du Québec
Vérifiez rapidement si vous remplissez les conditions de réception du PEQ avant le 31 octobre 2026. Portez une attention particulière à la date d'obtention de votre diplôme, à son admissibilité et à vos preuves de français.
Si vous n'êtes pas admissible à cette période, examinez le PSTQ et les autres options correspondant réellement à votre situation.
Vous êtes travailleur étranger temporaire
Vérifiez votre catégorie FEER, votre expérience de travail admissible, votre niveau de français et les conditions de votre permis actuel.
Ne confondez pas admissibilité à un programme de sélection permanente et droit de demeurer ou de travailler au Canada.
La préparation d'une demande de résidence permanente ne dispense pas de maintenir un statut temporaire valide ou conservé selon les règles applicables.
Vous envisagez de venir étudier au Québec
Ne construisez pas votre projet uniquement sur l'hypothèse d'une résidence permanente future.
Vérifiez d'abord l'admissibilité de l'établissement et du programme, les règles du CAQ et du permis d'études, les exigences financières et les conditions éventuelles du permis de travail postdiplôme.
La possibilité d'obtenir un diplôme québécois ne garantit pas une sélection permanente.
Vous cherchez à faire venir votre famille
Vérifiez les règles fédérales et québécoises propres à votre catégorie.
Les exigences de déclaration des membres de la famille, les critères de parrainage et les délais doivent être examinés séparément.
Vous êtes employeur au Québec
Les annonces politiques renforcent l'importance de la planification des recrutements.
Avant de lancer un processus de recrutement international, vérifiez les règles du PTET, les exigences salariales, les conditions applicables à votre région et les solutions de recrutement ou de formation déjà accessibles localement.
Dans les prochains mois, il sera particulièrement important de suivre les décisions concernant les secteurs prioritaires.
11. Un changement de politique qui pose une question plus large : quelle place pour les personnes déjà établies ?
L'actualité de l'immigration est souvent présentée à travers des seuils, des permis et des statistiques.
Ces indicateurs sont nécessaires pour comprendre les politiques publiques.
Mais ils ne racontent pas toute l'histoire.
Selon les données d'Élections Québec rapportées en septembre, plus de 161 000 personnes devenues citoyennes canadiennes depuis les élections provinciales de 2022 pouvaient voter pour la première fois lors du scrutin de 2026.
Ce chiffre rappelle que l'immigration est aussi un parcours d'établissement, de participation sociale et de citoyenneté.
Sur le terrain, plusieurs municipalités poursuivent leurs efforts d'intégration.
La Ville de Trois-Rivières a notamment dévoilé en septembre un plan d'action triennal comprenant 24 mesures destinées à favoriser l'accueil, la participation et l'inclusion des personnes immigrantes.
Ces initiatives montrent que la question ne concerne pas uniquement le nombre de personnes autorisées à entrer sur le territoire, mais également la manière dont celles qui y vivent peuvent contribuer durablement à leur communauté.
Conclusion : octobre 2026 ouvre une nouvelle période d'incertitude, mais pas une fermeture générale de l'immigration
Les dernières actualités confirment une transformation du système d'immigration québécois et canadien.
La sélection des candidats repose davantage sur les priorités économiques, les professions, le français, l'expérience acquise au Québec et la situation des personnes déjà présentes sur le territoire.
La victoire du Parti québécois pourrait accentuer cette évolution, notamment en réduisant les volumes d'immigration temporaire et permanente.
Mais les propositions électorales devront encore se traduire en décisions concrètes.
À court terme, l'échéance du PEQ, les critères des invitations au PSTQ et les conditions actuelles de maintien du statut demeurent des éléments essentiels.
Pour les candidats, le principal enjeu n'est donc pas seulement de savoir si le Québec accueillera moins de personnes immigrantes. Il est de comprendre quelles voies restent accessibles, à quelles conditions et dans quels délais.
Dans un environnement réglementaire mouvant, une stratégie d'immigration doit reposer sur les règles effectivement applicables, des documents à jour et plusieurs scénarios réalistes — plutôt que sur la promesse d'un programme qui pourrait évoluer.
C'est cette capacité d'anticipation qui devient déterminante.
Les informations présentées sont à jour au 8 octobre 2026. Elles ont une vocation informative et ne constituent pas un avis juridique en immigration. Les candidats sont invités à vérifier les conditions en vigueur sur les sites officiels du gouvernement du Québec et d'Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada.
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